V E R I T E quand tu nous tiens !
En 2011, soit près d’un demi siècle après les « Accords d’Evian » mettant fin à l’un des plus horribles drames, s’élèvent de très nombreuses voix pour dénoncer l’imposture et la forfaiture, pour condamner l’ignominie et l’abjection, pour clamer l’innocence, la Justice et la Paix souvent au prix de sacrifices immenses et dans de nombreux cas au prix du sacrifice suprême de part et d’autre de la Grande Mer Tranquille qu’est la mer Méditerranée.
Bientôt le cinquantenaire de notre indépendance (2012) et mieux vaut se remettre au diapason de la réalité que de se fier à l’exigence stomacale si courante alentour de nos malheureux jours puisque la vénalité semble, hélas, gagner du terrain jusqu’à polluer l’atmosphère. Mais, bon, « revenons à nos moutons »!
Quel téméraire des contrées « sous-dév » oserait, en tant qu’appelé sous les drapeaux en période d’hostilité, écrire au Président de la République son refus de porter les armes ? Non par peur de mourir mais par courage et pour l’honneur de la Patrie. Alban Liéchti, aux Editions « Le temps des cerises » nous gratifie de « Le Refus » (le sien, en fait) de porter les armes contre le peuple algérien luttant pour son indépendance. Il a préféré braver par deux fois le Tribunal Militaire que de heurter sa conscience en partisan du »Mouvement Français de la Paix ». Chapeau bien bas, Alban ! Pour l’Honneur et la Justice que guide la Grandeur !
Albert Nallet, un autre appelé de la même période, en 1957/58, nous relate dans « On n’efface pas la vérité » (aux Editions Aléas) son témoignage sur les exactions soldatesques dans les djebels kabyles du côté Iferhounene.
En douceurs civilisatrices de la colonisation ‘positive’ ! Olivier Le Cour Grandmaison, lui, en sa qualité de professeur émérite et éminent historien, nous rapporte « Coloniser Exterminer » (Editions Fayard Paris 2006) sur l’occupation française en Algérie. Et ce serait le plus grand des crimes que de ne pas lire cette excellente analyse pour qui cherche à comprendre la tourmente passée et le chaos présent.
On pourrait y ajouter trois fort intéressants ouvrages de Jean Galland aux titres évocateurs à souhait : « En Algérie du temps de la France », « La tête ici, le coeur là-bas » et « Algérie : L’indépendance : le combat continue » (Editions Tirésias).
Le témoignage de Maxime Picard, enseignant du bled, kidnappé par les maquisards durant presque un semestre, dans « Chez moi en Kabylie » se passe de commentaire. Malgré cette captivité, ô combien mémorable à plus d’un titre, il a continué son oeuvre d’enseignant pour ne rentrer au bercail douillet de son pays que bien après notre indépendance!
Albert Valade nous rappelle, lui, »Oradour sur Glane 10 juin 1944″ où furent entassés 642 civils de tout âge et des deux sexes pour y être brûlés vifs à l’intérieur de l’église. Le temps importe si peu pour faire jaillir la Vérité du fond du puits. Cet ouvrage-souvenir imprimé en France en mai 1999 aux éditions »De la Veytizou SARL », soit 59 ans après ce drame, est primé par »Prix des Arts et Lettres de France Section Histoire » pour les férus de la réalité que nul n’a le droit d’oublier.
Que dire, alors, de la timide révélation de l’Histoire par Akli Chebbah dans « Légataires du patrimoine (Imawlan n’etmurt) (aux Editions NK 59800 Lille France) sinon un ‘petit râle’ d’opprimé de qui milite, pourtant, pour une Amitié entre les peuples, en général, entre les peuples français et algériens en particulier ?
A ne lire donc que si l’on a la disponibilité morale pour ce « chiffon des ravines du bled » en conformité avec ce qui est dit plus haut.
Akli Chebbah